papillon symbolisant la Reconstruction après la greffe rénale

Reconstruction après la greffe rénale : le voyage intérieur que personne ne raconte


« Comment je me reconstruis après la greffe ? » — La vraie question que personne ne pose vraiment


Vous avez cherché sur Google. 
Vous avez trouvé des articles sur les délais de reprise du travail, des guides sur le mi-temps thérapeutique, des forums qui parlent de fatigue et d'immunosuppresseurs.

Tout ça est utile. Nécessaire, même.

Mais ce n'est pas ça qui vous empêche de dormir à 3h du matin.

Ce qui vous empêche de dormir, c'est une question plus silencieuse, que vous n'osez pas toujours formuler à voix haute :

Qui suis-je, maintenant ?

Avant la dialyse, vous saviez qui vous étiez — au travail, dans votre famille, dans votre tête. 
Puis la maladie est arrivée. Et elle n'a pas seulement touché votre corps. Elle a bousculé votre rapport à vous-même, à votre avenir, au sens de ce que vous vivez.

C'est de ça que je veux vous parler aujourd'hui. Pas des chiffres de la greffe. De ce qui se passe à l'intérieur.

Ce que la maladie rénale fait vraiment à l'identité — au-delà des statistiques


En France, plus de 93 000 personnes vivaient sous traitement de suppléance — dialyse ou greffe — à fin 2022 (registre REIN). En 2024, le nombre de greffes rénales a progressé de plus de 7 % par rapport à l'année précédente (Renaloo, février 2025).

Ces chiffres montrent que vous n'êtes pas seul(e). 
Mais ils ne disent pas ce que c'est de se regarder dans un miroir après des mois de traitement et de ne plus tout à fait se reconnaître. 
Ils ne disent pas la tristesse étrange qui peut envahir, même après une greffe réussie. Ni la fatigue de devoir expliquer que « guéri(e) » n'est peut-être pas le bon mot.

Dans ma propre traversée, j'ai fait une expérience que les mots peinent à rendre : le corps peut sortir de l'épreuve avant que l'intérieur ait eu le temps de suivre. Ce décalage-là, on en parle peu.

Dans ma pratique, j'observe souvent que les personnes qui ont traversé une maladie rénale grave arrivent avec une question commune, formulée de mille façons différentes : « Je ne sais plus vraiment qui je suis, ni ce que je veux. »
Ce n'est pas une fragilité. C'est, à mon sens, le signe que quelque chose de profond est en train de se transformer.

Le voyage du héros — une carte pour ce que vous traversez


Il existe une structure narrative que l'on retrouve, sous des formes variées, dans de nombreux récits à travers les cultures : un personnage ordinaire, dans une vie ordinaire, est arraché à son monde familier par une épreuve non choisie. 
Il ou elle doit traverser un territoire inconnu, affronter des pertes, douter, tomber. 
Puis, progressivement, quelque chose change. 
Une ressource intérieure émerge. 
Un chemin de transformation devient possible.

Le mythologue Joseph Campbell a appelé cette structure le voyage du héros. 
Vous ne la vivez pas comme dans un film — pas de façon propre et linéaire. Mais dans ses grandes étapes, elle peut résonner.

L'appel — le choc du diagnostic. 

Le moment où le sol se dérobe. Où les repères habituels s'effondrent. Où l'on entre dans un monde dont on ne connaît pas les règles.


La descente — les années de dialyse. 

La fatigue chronique. L'organisation de la vie entière autour des séances. La sensation d'être réduit(e) à sa maladie. Le regard des autres qui change. 
Les questions sur l'avenir, le travail, ce qu'on vaut encore.


L'épreuve centrale — l'attente de la greffe. 

Ce temps suspendu, habité par l'incertitude. 
Où l'espoir et la peur coexistent sans crier gare. 
Où l'on apprend — parfois malgré soi — à habiter le présent quand demain reste flou.


Le seuil de transformation — la greffe. 

Un don extraordinaire. Une nouvelle étape.
Et, paradoxalement, de nouvelles questions qui surgissent.
Qui dois-je être, maintenant ? Qu'est-ce que je dois à cette vie retrouvée ? Comment reprendre, vraiment, sans faire semblant que rien ne s'est passé ?


Le retour — la reconstruction. 

Pas un retour en arrière. Un retour vers soi — mais un soi différent, plus conscient, recentré sur ce qui compte vraiment.

Le philosophe Paul Ricœur a développé ce qu'il appelle l'identité narrative : l'idée que c'est à travers le récit que nous faisons de notre existence que se construit notre identité — pas uniquement les événements eux-mêmes, mais le sens que nous choisissons de leur donner.
Une piste de réflexion qui peut éclairer ce que vous traversez : la dialyse, la greffe, l'épreuve font partie de votre histoire. Mais vous restez celui ou celle qui en écrit le sens.

Quelqu'un que j'accompagne m'a confié un jour quelque chose qui m'a touchée par sa justesse : « J'ai mis plus de temps à me reconstruire intérieurement qu'à récupérer physiquement. Et pendant tout ce temps, personne ne m'avait dit que c'était normal. » 
Cette phrase, je l'entends souvent, formulée différemment. 
Elle dit l'essentiel : le chemin intérieur a son propre rythme, et il mérite, lui aussi, d'être traversé avec soin.

Ce que je propose — accompagner ce qui se passe à l'intérieur


Mon rôle, en tant que coach spécialisée en transitions et reconstruction intérieure après les épreuves de santé, n'est pas de prendre la place du médecin ou du néphrologue. Ce travail est précieux, indispensable, et je l'honore pleinement.

Mon espace à moi, c'est ce qui se passe en vous. 
La façon dont vous vous parlez à vous-même. 
Ce que vous croyez encore possible — ou ce que vous avez renoncé à espérer. 

La question de qui vous voulez être, maintenant que la vie a changé.

Mon approche, c'est un cheminement en quatre temps — pas une progression mécanique, mais une façon d'avancer qui respecte là où vous en êtes. Je l'appelle la méthode K.H.A.M.

"Klarifier" — nommer ce qui s'est passé. Ce que vous avez perdu, ce que vous avez gardé, ce qui a changé dans votre rapport à vous-même et à votre avenir.

Harmoniser — réconcilier ce qui coexiste en vous sans forcément s'accorder : l'envie d'aller de l'avant et la peur de rechuter, la gratitude d'être en vie et la fatigue de devoir "aller bien".

Aligner — retrouver ce qui vous appartient vraiment. Vos valeurs, ce qui donne du sens à votre quotidien, la boussole intérieure que la maladie a parfois brouillée.

Mettre en mouvement — avancer. 
Pas par obligation. Par envie retrouvée. Un pas. Puis un autre. À votre rythme.

Pour en savoir plus sur cette approche, vous pouvez consulter la page dédiée à la méthode K.H.A.M.


4 pistes concrètes pour commencer votre reconstruction intérieure


1. Écrivez votre récit — pas votre bilan médical

Prenez un carnet. Pour raconter votre voyage : l'avant, le choc, les moments de peur et de colère, les petites victoires jamais célébrées, ce que vous avez découvert sur vous-même. 
Boris Cyrulnik le formule ainsi dans ses travaux sur la résilience : ce n'est pas en effaçant ce qui s'est passé qu'on avance, c'est en lui donnant une place dans son histoire.

2. Distinguez ce qui a changé de ce qui reste vous

La maladie a modifié votre corps, votre rythme de vie, peut-être votre rapport au travail. 
Mais elle n'a probablement pas tout changé. Votre curiosité, votre empathie, votre façon d'aimer, votre sens de l'humour — tout ça est sans doute encore là.

Essayez de dresser la liste de ce qui constitue le noyau de qui vous êtes, indépendamment de l'état de votre santé. Ces constantes peuvent devenir un point d'ancrage pour avancer.

3. Autorisez-vous la complexité de ce que vous ressentez

Il est possible d'être à la fois reconnaissant(e) d'avoir été greffé(e) ET épuisé(e) par l'après. 
D'avoir envie d'aller de l'avant ET d'avoir encore peur. D'être soulagé(e) ET en deuil de ce qu'était votre vie d'avant.

Ces émotions contradictoires ne sont pas un signe de faiblesse. Elles sont, le plus souvent, le signe que vous traversez quelque chose de réel et de profond.

Si vous vous reconnaissez dans cette ambivalence, j'en explore les mécanismes en détail dans cet article sur les émotions contradictoires face à la maladie chronique.

4. Laissez-vous accompagner — la résilience ne se construit pas seul(e)

Boris Cyrulnik a beaucoup insisté sur ce point : la résilience ne se construit pas seul(e), mais dans la relation avec une ou plusieurs personnes qui nous voient au-delà de notre seule épreuve.

Ce peut être un proche, un thérapeute, un groupe de pairs, ou un professionnel de l'accompagnement. L'essentiel : quelqu'un qui marche avec vous sans vous imposer la destination.

Et si l'épreuve ouvrait aussi une question ?


La dialyse, la greffe, la maladie rénale chronique : c'est une partie de votre histoire. Ce n'est pas toute votre histoire.

Peut-être que la question n'est pas tant comment revenir à qui j'étais avant, mais plutôt qui pourrais-je devenir, maintenant que je sais ce que je sais sur moi-même, sur la vie, sur ce qui compte vraiment ?


Je n'ai pas de réponse toute faite. 
Je ne crois d'ailleurs pas qu'il en existe une seule, valable pour tout le monde. 
Mais je crois — et c'est ce qui guide mon travail — que cette question mérite d'être posée, explorée, accompagnée. À votre rythme. Sans pression.

Si quelque chose dans cet article a résonné pour vous, n'hésitez pas à prendre contact.
Une première conversation, simple et sans engagement, suffit parfois à mettre des mots sur ce qu'on n'arrivait pas encore à formuler seul(e).

Pour découvrir comment cet accompagnement se concrétise , consultez le Parcours Résilience & Reconstruction.

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Références :

  • Registre REIN (Réseau Épidémiologie et Information en Néphrologie) — données au 31/12/2022, relayées par France Rein 
  • Renaloo — « Greffes rénales : des progrès fragiles face à des blocages persistants », février 2025 (renaloo.com)
  • Boris Cyrulnik — Un merveilleux malheur, Odile Jacob
  • Paul Ricœur — Soi-même comme un autre, Éditions du Seuil, 1990 
  • Alexandre Jollien — Éloge de la faiblesse, Marabout, 1999


Note méthodologique : les idées attribuées à ces auteurs sont des reformulations fidèles à l'esprit de leurs travaux, non des citations littérales.
Article  publié le 23 Juin2026